Mode durable, les citoyens placent la transparence au cœur du changement
La mode responsable ne se résume plus à mieux produire : les citoyens demandent désormais de mieux comprendre. C’est l’un des grands enseignements de la consultation citoyenne menée par Paris Good Fashion avec Make.org, en 2026. Avec plus de 168 000 participants et près de 481 000 votes, cette mobilisation révèle les attentes du public pour construire une mode plus éthique, plus durable et plus accessible.

L’information devient la première exigence
Entre février et avril 2026, les citoyens ont proposé des solutions pour répondre à une question centrale : comment rendre désirable une mode plus responsable ?
Résultat majeur : l’information, la transparence et l’éducation arrivent en tête des priorités, représentant 31 % des propositions soutenues. Une progression importante par rapport à 2020, où ce thème ne représentait que 15 % des contributions.
Les consommateurs souhaitent avant tout :
- mieux connaître les impacts environnementaux et sociaux de la mode ;
- bénéficier d’une transparence complète sur les produits ;
- comprendre l’origine des matières, les conditions de fabrication et la durée de vie des vêtements.
Cette demande traduit une évolution du rôle du consommateur : il ne veut plus seulement acheter, il veut pouvoir choisir en connaissance de cause.
Une mode plus circulaire et plus responsable
La deuxième grande attente concerne l’économie circulaire (23,9 % des propositions). Réparation, réemploi, recyclage et allongement de la durée de vie des vêtements apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire l’impact du secteur.
Les citoyens appellent également à un ralentissement du rythme de la mode: la surproduction et la multiplication des collections sont de plus en plus questionnées.

Qualité, santé et production locale : de nouvelles priorités
Les résultats montrent aussi l’émergence de nouveaux sujets dans le débat public. La qualité des vêtements, le recours aux matières naturelles et la relocalisation de la production prennent une place croissante.
La question de la santé devient également un fil conducteur : plusieurs contributions alertent sur les substances utilisées dans certains textiles, notamment les plastiques, les PFAS ou les perturbateurs endocriniens.
Autre attente forte : rendre la mode durable plus accessible. Les citoyens soulignent que l’engagement écologique ne doit pas rester réservé à une minorité capable de payer davantage.
Une mobilisation tournée vers les solutions
L’étude révèle une parole citoyenne largement constructive. La majorité des propositions cherchent à sensibiliser, expliquer, former et valoriser les bonnes pratiques, plutôt qu’à imposer uniquement des contraintes.
Les citoyens demandent néanmoins un rôle actif des pouvoirs publics : de nombreuses contributions appellent l’État à mieux encadrer le secteur et à accompagner la transformation.
Vers une nouvelle feuille de route pour la mode
Ces résultats vont désormais servir de base à une réflexion collective réunissant marques, institutions et acteurs de la filière. L’objectif : transformer ces attentes en actions concrètes.
Une chose est claire : l’avenir de la mode durable passera autant par l’innovation que par la confiance. Et cette confiance commence par une meilleure information.
